Juin 29, 2020

C’est le mois de juin, et le mois de juin, c’est le mois de la fête de l’école (enfin normalement…). C’est le moment de prendre le temps de discuter avec d’autres parents, que vous connaissez finalement peu, et de découvrir avec qui vous avez des choses à partager.

Justement vous apprenez au détour de la conversation que Damien, père d’un garçon dans la même classe que votre petite danseuse, est, comme vous, amateur de bricolage.

Mais au fil de la conversation, vous découvrez que si votre conception  du bricolage, c’est ça :

Dingodossiers - Les bricoleurs

… la sienne ce serait plutôt ça :

Les Dindossiers - les bricoleurs

… et après quelques questions embarrassantes où vous devez vous prononcer sur votre préférence entre la scie plongeante et la scie sous table, vous décidez d’orienter la conversation sur la politique, finalement moins risquée, jurant mais un peu tard qu’on ne vous y prendrait plus.

Autre lieu, autre temps, vous êtes maintenant dans votre univers professionnel, puisque vous assistez à une séance d’un Cercle [1] organisé par le cabinet Artesial autour de la gestion des flux, entouré de professionnels des secteurs de l’Agroalimentaire, de la Pharmacie et de la Cosmétique. Vous discutez avec le directeur Supply Chain d’une autre entreprise, qui vous demande « Et vous, vous faites du S&OP ? ». Vous vous apprêtez à répondre par l’affirmative, mais immédiatement apparaît l’image de Damien qui vous demande un conseil sur la marque de dégauchisseuse que vous préférez…

Mis en alerte par votre déconvenue précédente, vous décidez de creuser un peu avec votre interlocuteur ce qu’il entend par « faire du S&OP ». Votre discussion attire rapidement d’autres personnes, et vous réalisez que le terme S&OP recouvre des réalités bien différentes en fonction de la maturité de l’entreprise et de son organisation sur le sujet…

Vous arrivez au fur et à mesure des échanges à construire une grille de maturité des entreprises vis-à-vis du processus S&OP, que vous présentez à tous en conclusion de la journée de travail :

Niveau 1

Le processus tourne autour de la planification charge & capacité de votre outil industriel (PIC / PDP) :ai-je assez de capacité de conditionnement pour répondre à la demande, ai-je assez de capacité de production pour proposer cette promotion ?

Niveau 2

Vous utilisez le processus pour optimiser les coûts par des choix entre des scénarios d'organisation industrielle : sites, lignes, nombre d'équipe, taille de série, lissage de charge, etc.

Niveau 3

Le processus permet de faire des choix tactiques : si je vends 10 000 unités de plus à 3€ est ce que c'est intéressant même si je suis obligé de monter une équipe en plus ?

Niveau 4

Le processus sert à faire des choix stratégiques. Exemple : je fais évoluer mon outil industriel car le S&OP me montre que j'ai besoin de manière régulière de me positionner sur des opérations hors saison congelé gros volume

Niveau 5

Le processus budgétaire, laborieux et dont les résultats sont vite obsolètes, s'efface au profit du processus S&OP.

Tout comme pour le bricolage, il y a donc des niveaux de maturité dans les processus S&OP.

Et vous, où situeriez-vous votre entreprise en termes de maturité S&OP ?

Arnaud FORNIERArnaud Fornier
Consultant et associé

[1] De fort intéressantes séances d’échanges où les industriels peuvent échanger leurs bonnes pratiques sur les sujets qui les préoccupent. Vous ne connaissez pas ? Contactez-nous