Mai 27, 2013

A une période de grandes mutations démographiques et économiques entre globalement le nord et le sud, on doit s’interroger sur le sort de la grande majorité  des IAA françaises qui n’ont pas franchi le cap d’un développement structuré international, européen et mondial. Elles perdent des parts de marché de façon continue en France et à l’exportation. La concurrence et les pertes de marché les plus fortes se font au profit de l’Allemagne, des Pays Bas, du Danemark, de la Belgique c’est-à-dire dans l’Union Européenne.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Deux constats majeurs
  • La baisse en volume des productions nationales de nos matières premières de base (volailles, porcs, bovins …)
  • La perte de compétitivité de nos filières et de notre industrie
Les causes de ces constats :

Au niveau international :

  • L’augmentation durable du coût des matières premières et l’incidence sur les coûts logistiques
  • La très forte volatilité des prix des céréales  et les risques associés, les bas coûts de main d’œuvre de certains voisins européens*

Au niveau national :

  • L’hyper règlementation française qui n’incite pas à investir
  • La très faible croissance voire stagnation de notre consommation
  • Les freins à la répercussion des hausses de coûts par la distribution
  • Les évolutions récentes de la PAC
  • La faible rentabilité des entreprises

Il faut changer les référentiels des acteurs.

S’adapter et se préparer aux changements signifie qu’il faut changer nos référentiels. Précisément :

  • Sortir de nos habitudes et visions franco françaises,
  • Ne plus aborder le marché mondial comme une cible d’ajustement,
  • Demander aux politiques d’intégrer la vision macro-économique et stratégique des producteurs et  industriels,
  • Raisonner en stratégie de filières comme nos voisins du nord de l’Europe.

La disproportion entre la taille des entreprises françaises et le reste de l’Europe** montre le retard accumulé et l’ampleur des changements à réaliser.
Les pouvoirs publics doivent être les premiers à changer de référentiel.
Ils semblent être là pour contrôler, sanctionner  et sanctuariser les situations là où nos voisins  encouragent et donnent des impulsions nouvelles.
Les contraintes environnementales et leur mise en œuvre témoignent parfaitement de cette situation de résistances institutionnelles aux changements.

Il faut de nouveaux modèles micro et macroéconomiques

Commençons d’abord par retrouver du bon sens entre les responsables politiques et le monde agro-alimentaire. Réfléchissons à des schémas directeurs économiques de filière comme  jalons  pour donner un élan nouveau aux 10300 entreprises industrielles concernées dont 7500 ont moins de 20 salariés.

Les enjeux

Définir ces nouveaux modèles micro et macroéconomiques sur les débouchés et la compétitivité avec des bases prospectives structurantes par métier et filières :

Producteurs : taille des élevages, massification des groupements,  zone de production, logistique, collecte, utilisation des énergies vertes, performances,

IAA : taille critique (regroupement, restructuration, réorganisation, synergie), innovation, développement commercial,  standardisation,  logistique mutualisation et massification, régionalisation, productivité cible, management cible motivant, logistique pôle de compétitivité, cluster.

Mettre en œuvre conjointement des stratégies opérationnelles micro économiques (entreprises) et macroéconomiques (fédérations professionnelles, pouvoirs politiques multiples) par une intelligence collective actuellement très en dessous des enjeux.

Beaucoup de secteurs et d’entreprises se retrouvent en difficulté pour n’avoir pas su ou  pu trouver au bon moment, cette intelligence dans une réflexion et action collective.
Elle est incontournable pour projeter un avenir meilleur aux  IAA  françaises.

* Coût moyen d’un intérim allemand chargé 7 €/heure, vs coût français 16 €/heure
** Le leader français en porc représente en CA  10 % de CA du leader européen VION

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